Jean-Marie Blanchet vu/e par Vincent Pécoil

Un des traits les plus frappants des objets créés par Jean-Marie Blanchet est la duplicité de leur nature (tableau ou objet), objets concrets ou figuration d'une réalité plus générale. Cette duplicité est manifeste dans le mouvement de balancier permanent qui l'anime, passant du vrai au faux (ou du « vrai-faux », comme on dit pour les passeports, au faux vrai), dans un va-et-vient entre l'art, son histoire, ce qui en est sorti et ce qui y revient...

 

Prenons Wood (2014), ou Formica (2010). Dans un cas comme dans l'autre, le titre suggère un matériau (naturel ou synthétique) qui, de fait, n'est pas utilisé dans les compositions. Wood est comme un zoom photographique sur des panneaux de bois aggloméré. Le tableau « dépeint », ou figure, un matériau industriel – des copeaux de bois collés. Ce « faux » faux constitue une double négation qui débouche, en toute bonne logique, sur une vraie peinture. Pareillement, la technique utilisée pour Formica évoque les faux-bois de la peinture cubiste, comme ceux de ...

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