Jurassique France, 2016
Empreinte de dinosaure et fossiles de plantes
Étang de l'Arceau, parc du Pilory de Campbon, Pays de la Loire
Production: Tripode et Mosquito Coast Factory

 

Jurassique France est une œuvre végétale et paysagère imaginée par l’artiste Laurent Le Deunff. Elle a été mise en place en novembre dernier le long du chemin piétonnier qui mène au plan d’eau municipal. L’ensemble est composé de 23 essences de plantes datant de l’ère jurassique que l’on trouve encore aujourd’hui dans les parcs ou les jardins botaniques. Fougères, prêles, cycadées, ginkgos, araucarias, fougères arborescentes ont été disposés autour d’une empreinte d’un dinosaure dessinée par l’artiste et sculptée directement dans la terre à l’aide d’une pelleteuse. L’artiste a choisi de positionner cette nouvelle plantation aux abords de conifères déjà présents parce qu’ils sont caractéristiques du paysage végétal de cette époque et que le massif fait office de toile de fond ou d’écrin à son intervention. 

Le projet est le fruit d’une invitation qui lui a été faite par Tripode et Mosquito Coast Factory. Plutôt que d’utiliser leur espace d’exposition, ils ont choisi d’investir un espace public de la commune et de transposer la passion de cet artiste bordelais pour ces plantes qu’il aime à cultiver dans son propre jardin... Pendant une semaine, avec le concours des agents du service des espaces verts et de son assistant Mathias Tujague, il a matérialisé un paysage évoquant “l’âge des dinosaures”, cette période géologique qui remonte à plus de 200 millions d’années ! Produite et financée par les deux associations, l’œuvre a bénéficié du soutien logistique de la commune qui en assurera l’entretien annuel pendant une dizaine d’années. Avec Jurassique France, Laurent Le Deunff s’inscrit dans une longue tradition d’œuvres qui prennent pour point de départ le paysage et la nature. La représentation de cette époque lointaine convoque tout autant l’exotisme du jardin botanique qu’une image drolatique des “parcs préhistoriques”. L’empreinte exagérément grande va aléatoirement se remplir d’eau et créer une zone un peu marécageuse, fidèle à l’imaginaire collectif entourant le jurassique et d’un point de vue pratique nécessaire au développement de certaines plantes comme les prêles. En composant ce nouveau paysage à mi-chemin entre l’ornementation et les reconstitutions de la préhistoire, Laurent Le Deunff cherche à préserver toutes les tensions que ce geste va produire. Tension entre le naturel et l’artificiel, tension entre le jardinage comme pratique amateur et l’art du jardin public, entre la fiction et la reconstitution, amplifiée par la dimension cinématographique de l’œuvre : un dinosaure viendrait de laisser la trace de son passage. Tension enfin entre un passé très lointain et le futur. On pourra en effet, voir ces plantes grandir et se transformer au fil du temps en un ensemble plus dense, plus réaliste également. Comme n’importe quel jardinier on pourra observer la pousse des plantes, la manière dont elles vont remplir l’espace ou encore attendre l’apparition des feuilles du ginkgo au printemps prochain... Extrait du bulletin d'informations municipales Trait d'Union, janvier 2017

 

 

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Crédits photographiques : Benoît-Marie Moriceau

Courtesy Semiose Galerie, Paris