• Serge Provost

    vu/e par

    Ana Samardzija Scrivener

    PETITE DANSE N°4

    Mercredi, 3 décembre 2014, peu après 22h30, une centaine de personnes se sont retrouvées debout dans la salle du haut de «Lieu-Commun» à Toulouse. C’est une soirée d’hiver, les fenêtres de la salle

    donnent sur les toits.

    Une performance de Serge Provost avait été annoncée. Effectivement, S.P. est parmi nous. Il dit d’abord qu’il nous racontera ce qu’il fera. Ensuite, il le fera. Il raconte qu’il sortira de la salle puis, dans un bref délai, y entrera de nouveau. Il portera dans une main un podium en bois et dans l’autre un tourne-disque portatif ainsi qu’un sac en plastique rouge. Il sortira, de ce sac, une chemise orange, un peu trop grande pour lui. Il enfilera cette chemise. Puis, il posera sur le petit tournedisque

    portatif un disque 45 tours. Il fera jouer une chanson enregistrée sur ce disque : « Bons baisers de Fort-de-France » de La Compagnie Créole. Il montera sur le podium et y présentera une petite danse. La chanson arrivée à sa fin, la danse s’arrêtera. Il quittera la salle.

    Après avoir raconté ce qu’il fera, S.P. sort de la salle. Il revient très vite. Dans sa main droite, il porte un podium cylindrique en bois. Le podium est pourvu d’une poignée, sa hauteur approximative est de 20 cm et son diamètre est de 60 cm environ. Dans sa main gauche, il tient un petit tournedisque portatif gris bleu et un sac de plastique rouge. Il pose le podium dans un coin de la pièce et le tourne-disque portatif près de lui. Il sort du sac plastique rouge une chemise orange. La couleur de la chemise est très vive, puissante. Sur la poitrine, la chemise est pourvue de quelques rangées de petits volants, d’inspiration latino. S.P. enfile la chemise, elle est légèrement trop grande pour lui. Il la rentre bien dans son pantalon. Il se baisse pour poser sur le petit tourne-disque un disque 45 tours. La chanson « Bons baisers de Fort-de-France » de La Compagnie Créole retentit dans la salle. S.P. monte sur le podium et commence à danser. Il danse autant avec son visage qu’avec son corps : mains, épaules, hanches, genoux, chevilles. L’aspect curieux de cette danse, c’est qu’elle est presque immobile. Les pieds, surtout, semblent rester sur place. Et en même temps tout bouge, lentement, tout est mesuré et intense. Mieux, le punctum de cette figure dansée tient dans son intensité, retenue et concentrée, qui se transmet le plus directement dans le regard de S.P. La chemise orange, la façon qu’elle a de mettre en valeur le port du danseur, y participe aussi. La chanson est joyeuse. Il est difficile de distinguer clairement ses paroles, mais le public comprend qu’il y est question de Noël sur les îles et de l’hospitalité. Joyeux Noël sans neige. La chanson finit, la danse s’arrête, S.P. descend du podium en bois. Il referme le petit tourne-disque portatif et sort de la salle, avec le tourne-disque, le podium et le sac plastique. Les personnes qui assistent à la performance applaudissent.